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LE PENSEUR ET LES ENFANTS DU ROI

Aujourd’hui, je te propose ce petit conte d’une grande force. A moi, il m’a beaucoup parlé…

Je vous le partage à vous …. Les parents sacrés ! L’apprentissage se fait par le conte aussi pour l’adulte !


Il était une fois un penseur qui aimait beaucoup lire, s’informer, réfléchir et analyser. Il vivait au château du roi qui s’émerveillait de son savoir et lui demandait conseil plusieurs fois par jour.


À l’approche des fêtes de Noël, le roi lui demanda des idées de cadeaux pour le petit prince et la petite princesse. Le penseur lui proposa une liste des ouvrages les plus riches en matière de savoir et de connaissance, et le roi envoya son majordome les acheter sur-le-champ.


L’ambiance autour du sapin ne fut pas à la hauteur des espérances. Les enfants boudaient devant ces gros pavés pleins de pages écrites en tous petits caractères… Ils auraient manifestement préféré des jouets en bois et de jolies poupées…


Agacé par cette fête ratée, le roi convia le penseur, qui lui exposa tout de go les grands principes pédagogiques qui avaient justifié son choix. Alors le roi demanda :

- « Qu’as-tu ressenti en voyant mes enfants malheureux au pied du sapin?

- J’ai pensé que vos enfants n’avaient pas conscience de la valeur de ces livres » lui répondit le penseur.

- « Non, je ne te demande ce que tu as pensé, mais ce que tu as ressenti ! »

Le penseur resta un moment silencieux. Que voulait donc dire le roi?

- « Parle, je t’écoute ! » s’impatientât le roi.

- « Sire, je suis démuni. Je ne comprends pas le mot ‘ressenti’… » lui répondit le penseur, visiblement honteux…

Le roi, qui avait bizarrement l’air d’apprécier la situation, enchaîna :

- « Décris-moi ce qui se passe dans ton corps »

- « Je me sens mal ! » répondit le penseur

- « Je ne te demande pas d’évaluer ton état, mais de me décrire ce qui se passe dans ton corps ! » insista le roi.

Le penseur commença à paniquer… Il savait le roi autoritaire et ne voulait pas risquer de le fâcher, mais rien ne sortît de sa bouche pendant un long silence…

- « Je vais te faire couper la tête ! » hurlât le roi.

Alors le penseur s’effondra en larmes, implorant la pitié du roi…

- « Décris-moi maintenant ce qui se passe dans ton corps, mécréant ! »

- « Je suffoque, ma poitrine est écrasée par un rocher, mes bras tremblent et sont tétanisés, ma gorge est nouée, j’ai un charbon brûlant dans le ventre ! » gémit le penseur d’une voix tremblante…

- « Ah, enfin ! » dit le roi… « Je commençais à m’impatienter… Vois-tu jusqu’où j’ai dû te pousser pour qu’enfin tu commences à ressentir quelque chose ?

- Oui Majesté !» répondit le penseur entre deux sanglots

- Revenons au cadeau de mes enfants… Si tu n’as rien ressenti, d’après toi, qu’est-ce que le prince et la princesse ont pour leur part ressenti en découvrant des cadeaux qui ne les intéressaient pas ?

- Ils ont dû être frustrés, en colère, peut-être tristes ?

- Je ne te demande pas dans quel sentiment ou quelle émotion ils étaient, mais ce qu’ils ont ressenti » insista le roi…

- « Peut-être la gorge nouée, la respiration bloquée, une envie de crier ? » répondit le penseur, soudain moins sûr de lui…

- « Si je te dis que ta tête ne sera pas coupée, que ressens-tu maintenant?

- Je me sens plus léger, je sens le sourire arriver, ma respiration est plus ample et j’ai même envie de rire » répondit le penseur en relevant la tête.

- « Et que se serait-il passé si mes enfants avaient reçu des jouets en bois et de jolies poupées ?

- Ils auraient sans doute ressenti la même chose : le rire, la légèreté, la détente…

- Alors, toi qui aimes réfléchir, analyser et apprendre, quel enseignement tires-tu de ce que tu viens de vivre ?

- Que même si je pensais voir, je ne voyais pas ! Que même si je pensais savoir, je ne comprenais pas… et que même si je pensais vivre, mon cœur était fermé…

- Bien, très bien ! » répondit le roi ! « Que cela te serve de leçon parce que dorénavant, pour tout conseil que je te demanderai, tu prendras, avant de me répondre, le temps nécessaire pour écouter ton ressenti.

- Ainsi j’aurais la garantie que mon royaume sera dirigé de la meilleure manière et que mon peuple n’en sera que plus heureux.

- Merci monseigneur ! » répondit le penseur en pleurant de joie, « M’autorisez-vous à vous demander une faveur ?

- Parle !

- Je souhaite que désormais vous m’appeliez le fou, celui qui s’amuse et regarde la vie sans savoir ! Parce qu’à force de trop penser, j’étais devenu aveugle…

- Qu’il en soit ainsi mon ami ! » affirma le roi. « Que la vie soit une fête et que le fou l’orchestre ! »

Et depuis ce temps lointain où le roi et son fou décidèrent de ne plus se prendre au sérieux, le royaume est prospère. Ses habitants sont heureux, la créativité bat son plein et les commandes affluent des quatre coins du monde…


La morale de cette histoire?


La richesse véritable est dans notre cœur et non pas dans notre tête… N’attendons pas que l’épreuve nous dévoile cette évidence, mais au contraire, ouvrons délibérément les yeux et retrouvons dès à présent la vue.


Certes très « extrême» ce Roi !

Mais après tout c’est un Roi.


Le Roi est en quelque sorte tout parent qui saura écouter LE MIEUX son enfant, avec son cœur ouvert !

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